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Secours Catholiques.

Le Secours catholique est une association à but non lucratif créée le 8 septembre 1946 par l’abbé Jean Rodhain. Le Secours catholique est attentif aux problèmes de pauvreté et d’exclusion de tous les publics et cherche à promouvoir la justice sociale.



« Réveillons notre attention aux autres »

À l'occasion des célébrations de Noël, le père Hervé Perrot, aumônier national du Secours Catholique, appelle à réveiller en nous tous notre capacité à faire que personne ne soit seul ou oublié dans ce temps particulier, mais aussi tout au long de l'année.

Quand l'Évangile se partage au bas des tours

Il y a un peu plus de 20 ans naissait à Rennes « L’Évangile au bas des tours », un groupe de partage de la parole de Dieu au cœur du quartier populaire et cosmopolite Le Blosne. Ce groupe est animé par deux sœurs en monde ouvrier, et réunit des personnes aux profils très différents. Reportage.

Je suis un peu la mère Noël

Numéro de l'épisode: 

Ep.16

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C’est un Noël un peu particulier qui se vit, cette année, en raison de la crise sanitaire. Sandra et sa petite famille comptent malgré tout garder un air de fête.

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C’est un Noël un peu particulier qui se vit, cette année, en raison de la crise sanitaire. Sandra et sa petite famille comptent malgré tout garder un air de fête.

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« À Noël, j’ai besoin d’avoir les yeux qui pétillent alors je ne lésine pas sur les moyens », confie Sandra. Chaque année, la mère de famille décore sa maison de fond en comble, à l’intérieur comme à l'extérieur, et active les illuminations du 1er décembre au 15 janvier. C’est important pour elle, alors elle fait attention à d’autres dépenses tout au long de l’année pour pouvoir payer la facture d’électricité plus lourde qui en résulte – et qu’elle a mensualisée pour éviter les coups durs.

« Tous les ans, j’invite les voisins et les villageois à venir boire un chocolat chaud pour admirer les décorations, ou alors je distribue des bonbons aux enfants. Même si cette année, on fait attention avec le virus », explique Sandra. Elle est notamment fière d’avoir de beaux sapins en bois, sciés et découpés par Elias, son fils. Devant la maison, une boîte aux lettres du Père Noël permet aux enfants du village de déposer leurs vœux, et Sandra met un point d’honneur à leur répondre. « Je suis un peu la mère Noël » dit-elle en riant.

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À Noël, j’ai besoin d’avoir les yeux qui pétillent alors je ne lésine pas sur les moyens.

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Océane récupère les vœux que les enfants du village ont déposé dans la boîte aux lettres du Père Noël.

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Elias a fabriqué de beaux sapins en bois.

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Sandra nous donne des nouvelles de l'avancée de ses préparatifs de Noël.

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Sandra met un point d’honneur à répondre à toutes les lettres.

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Cette année, Sandra invite sa maman et sa cousine à venir déjeuner le 25 décembre. Comme la table de la salle à manger est grande, ils pourront manger suffisamment espacés, coronavirus oblige. « Je fais mes escargots moi-même et aussi la bûche au praliné noisette. Du coup, je fais attention à ne pas faire de grosses dépenses en décembre, je garde tout pour le repas de Noël », témoigne Sandra. Cette année, elle cuisinera aussi des coquilles Saint-Jacques reçues dans un des colis de la Banque alimentaire.

Quant aux cadeaux, Sandra est prévoyante et commence les dépenses dès le printemps pour les étaler sur plusieurs mois. Ainsi, elle a déjà acheté depuis longtemps des parures de draps de lit pour Océane et une machine à tourner le bois pour Elias. Dernièrement, elle a aussi racheté de beaux vêtements, soldés à 30 % dans un magasin. « Cette année aura été tellement compliquée qu’on a besoin de se changer les idées à Noël et de penser à autre chose. C’est pour ça que je décore autant », souligne la presque quarantenaire.

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Je fais attention à ne pas faire de grosses dépenses en décembre, je garde tout pour le repas de Noël.

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Le début d’année 2021 s’annonce plutôt bien pour la famille : Elias a décroché son stage de troisième en mécanique et carrosserie, qu’il effectuera durant ses vacances de février, et Sandra doit commencer une remise à niveau en informatique. La mère de famille croise désormais les doigts pour que les restaurants rouvrent et qu’Océane, l’aînée, puisse renouer avec son emploi de serveuse.

Eclairage: 

Titre: 

Un Noël impacté par la crise sanitaire et sociale

Texte: 

Selon une étude réalisée par l’Ifop pour Dons Solidaires, un tiers des parents dépensera moins qu’en 2019 en achats de Noël. Un phénomène qui touche davantage les foyers avec les plus bas revenus, bien que ces derniers soient davantage enclins à se priver pour pouvoir “gâter” leurs enfants à cette occasion particulière.

Chiffres clés: 

Chiffre: 

2,8 millions de parents (20%)

Texte: 

renonceront totalement à l’achat de cadeaux pour les fêtes. Dont 36% chez les catégories pauvres.

Chiffre: 

1 famille pauvre sur 4

Texte: 

comptera sur une aide extérieure : associations, famille, pour pouvoir se procurer des cadeaux cette année.

Source: 

Sondage IFOP pour Dons Solidaires

Auteur reportage & photos: 

Texte : Cécile Leclerc-Laurent - Photos : Steven Wassenaar

Garder le lien : « ils veulent juste savoir si je vais bien »

Ils s’appellent Marwan, Simone, Mariam, Hélène, Christelle et Chantal. Ils se téléphonent régulièrement pour prendre des nouvelles, maintenir le lien, éviter l’isolement des plus fragiles. Témoignages croisés.

Un Noël fraternel pour tous

Dans un contexte sanitaire particulier, qui ne permet pas d’organiser les traditionnels réveillons collectifs et solidaires, si importants pour les personnes en situation de fragilité, d'exclusion ou de précarité, le Secours Catholique se mobilise différemment en lançant son opération de solidarité nationale baptisée FraterNoël.

À Rennes, des étudiants en "tournées de rue" auprès des sans-abri

Depuis le deuxième confinement, une équipe du Secours Catholique constituée de jeunes bénévoles arpente en soirée les rues de Rennes proposant café, soupe et échange fraternel avec les oubliés des mises à l'abri.

Je vais chercher un quatrième job

Numéro de l'épisode: 

Ep.15

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En janvier, Raphaël commencera un nouveau travail et Laurence devrait reprendre son activité. En attendant, le mois de décembre est particulièrement dur financièrement pour le couple à cause d’une perte de revenus. Heureusement, une éclaircie est apparue du côté de la Banque de France.

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En janvier, Raphaël commencera un nouveau travail et Laurence devrait reprendre son activité. En attendant, ce mois de décembre est particulièrement dur financièrement pour le couple à cause d’une perte de revenus. Heureusement, une éclaircie est apparue du côté de la Banque de France.

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7h30, dimanche 22 novembre. Dans les rues désertes du centre-ville de Cadillac, en Gironde, la 607 grise de Raphaël s’arrête quelques secondes, puis repart à vive allure, tourne à droite, à gauche, s’arrête à nouveau, repart... Comme chaque matin, dans un ballet bien rôdé, une pile de Sud-Ouest posée sur le siège passager, le père de famille livre le journal aux habitants. Le dimanche, Raphaël entame sa tournée vers 7h. « C’est presque une grasse mat’ », dit-il, amusé. Le reste de la semaine, c’est plutôt 5h, après avoir récupéré à l’épicerie de Cérons, le village où il vit, les journaux qu’il glissera dans les boîtes aux lettres. Ensuite, vers 6h15, il file à Cadaujac, à une trentaine de kilomètres de l’autre côté de la Garonne. Il y suit depuis le 19 octobre une formation de chauffeur de bus. Mais le dimanche, c’est jour de repos.

8h30. Le soleil est levé depuis peu et la température dépasse à peine les 3 °C, lorsque Raphaël se gare devant chez lui. La maison est encore endormie, sauf Tyméo, 3 ans, qui, blotti dans le canapé, regarde des dessins animés. Raphaël se refait un café, puis après avoir embrassé son fils, s’assoit à la table du séjour où il se roule une cigarette. Il est tranquille jusqu’à 17h30. Là, il devra à nouveau enfiler son blouson et attraper les clés de sa voiture pour se rendre à Castres-Gironde, à 12 kilomètres de Cérons, où il embauche tous les soirs à 18h comme livreur de pizza. Il débauche rarement avant 23h.

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Comme chaque matin, dans un ballet bien rôdé, une pile de Sud-Ouest posée sur le siège passager, le père de famille livre le journal aux habitants.

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Raphaël a toujours cumulé les emplois. Sud-Ouest le matin, la pizzeria le soir, et un troisième boulot en journée. Avant d’entamer la formation de chauffeur de bus, il travaillait de 7h à 15h dans une déchetterie, à Langon, à 20 km de chez lui. Un poste qu’il avait trouvé après le confinement. Au volant d’un camion, il ramassait les encombrants pour les rapporter au centre de tri. Mais en septembre, en portant une machine à laver, il s’est fait une entorse au poignet. Impossible désormais de soulever des poids trop lourds. « J’ai vu passer cette annonce de formation financée par l’entreprise de transport. Plutôt que de rester en arrêt maladie, j’ai saisi l’opportunité », explique le presque quinquagénaire. Les deux mois d’apprentissage doivent déboucher sur un CDI de conducteur de bus scolaire. « Normalement, je commence en janvier. »  Cette perspective le réjouit. « Je vais voir du monde. Ce sera plus de responsabilité. Transporter des gamins, ce n’est pas comme des machines à laver, plaisante-t-il. Et puis, conduire des véhicules de cette taille, c’est intéressant. » La seule ombre au tableau est la perte de salaire. À la déchetterie de Langon, Raphaël gagnait 1400 euros net par mois. « Là, ce sera plutôt 800 - 850 euros. » Avec Sud-Ouest et la pizzeria, cela lui fera environ 2100 euros. Trop juste par rapport aux charges fixes que doit supporter le ménage (lire l’épisode précédent : « On vit au jour le jour »).

Alors Raphaël prévoit déjà de chercher un quatrième boulot. « L’avantage du transport scolaire c’est que tu travailles en début de matinée et fin d’après-midi. Entre les deux, je pourrai faire autre chose. » Il pense à de la livraison pour des restaurants ou à de la distribution de prospectus. Dans l’absolu, dit-il, « c’est sûr que je préfèrerais des journées moins chargées, avec un salaire plus gros ». En novembre 2019, il a arrêté les livraisons de pizzas le soir. Car les grosses journées de travail jusqu’à 23h le fatiguaient. Il voulait aussi profiter davantage de ses deux derniers enfants, Inaya et Tyméo. Mais il a dû reprendre en août pour compenser les baisses d’indemnité chômage de sa femme.

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C’est sûr que je préfèrerais des journées moins chargées, avec un salaire plus gros.

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Laurence, qui a perdu son emploi lors du confinement du printemps, devrait retrouver un poste d’assistante de vie à domicile en janvier. Elle compte contacter mi-décembre l’association qui l’emploie. « Le problème c’est qu’ils ne me proposent que des CDD. » Elle va sûrement démarcher d’autres employeurs pour obtenir un CDI. L’idéal pour elle serait un temps plein dans un Ehpad. Mais les horaires ne sont pas compatibles avec des enfants et un mari qui travaille de 5h à 23h. « Si seulement, tu bossais moins… », lance-t-elle en s’adressant à Raphaël assis en face d’elle. En attendant, elle espère, sans trop y croire, recevoir les 500 euros d’indemnité de son arrêt maladie (elle vient de se faire opérer d’une hernie discale) en décembre. « Pour Noël, ça fera un peu de beurre dans les épinards. »
Car financièrement, la fin du mois de novembre a été encore plus rude que d’habitude. Dans le cadre de sa formation, Raphaël a touché 658 euros. Laurence, radiée de Pôle emploi au moment de sa mise en arrêt maladie mi-novembre, n’a perçu que 296 euros d’indemnité chômage. « Et encore, j’ai failli toucher moins. Ils m’avaient radié dès le 12 novembre alors que mon arrêt maladie n’a commencé que le 18. J’ai dû batailler pour récupérer six jours d’allocation chômage. »

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Financièrement, la fin du mois de novembre a été encore plus rude que d’habitude.

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La bonne nouvelle de ces dernières semaines est l’acceptation par la Banque de France de leur dossier de surendettement. Toutes leurs dettes sont désormais suspendues le temps que le dossier soit instruit et le jugement rendu. « C’est un soulagement, avoue Laurence. Au moins les huissiers vont arrêter de nous embêter. Ils étaient au courant de nos démarches de reconnaissance de surendettement. Donc ils nous mettaient la pression pour essayer de récupérer l’argent avant. » Elle nous tend une lettre d’injonction de paiement reçue le 13 novembre. Coût du courrier, à leur charge : 177 euros. Sur son téléphone, elle nous montre les textos qu’elle reçoit depuis le 2 juillet de la part de l’huissier. Le dernier date du 7 novembre : « Nous sommes dans l’attente de votre règlement. » Puis en lettres majuscules : « DERNIER AVERTISSEMENT AVANT SAISIE + GENDARMERIE DE CERONS + SERRURIER ET TÉMOINS ». Grâce à la décision de la Banque de France, le couple ne devrait plus recevoir ce type de menaces. Laurence se sent moins stressée. De là à dire que l’horizon s’éclaircit… Un sourire désabusé apparaît sur son visage. « Ce sera le cas quand je bosserai à nouveau », dit-elle.

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C’est un soulagement. Au moins les huissiers vont arrêter de nous embêter.

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D’autres témoignages à écouter

Texte: 

Raphaël doit cumuler les jobs pour espérer s’en sortir, mais la crise sanitaire, heureusement, ne l’empêche pas de travailler. Pour certaines catégories de travailleurs intermittents, dans la restauration ou l’événementiel, c’est la double peine. Privés soudainement de leur activité en raison du Covid-19, ils ont été oubliés dans un premier temps des dispositifs d’aide, ne rentrant dans aucune “case,” et ont vu leurs ressources chuter dramatiquement du jour au lendemain. Ces “travailleurs sans filet” témoignent dans une émission de France culture.

Nous vous invitons également à (ré)écouter des témoignages de personnes surendettées lors d’audiences enregistrées au tribunal d’Arras, toujours pour France Culture.

Auteur reportage & photos: 

Texte : Benjamin Sèze. Photos : Sébastien Le Clézio

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- mis à jour le : mercredi 6 janvier 2021 -